BALEAPOP #2 dans TSUGI!
En direct de… festival Baleapop
19-08-2011
Le jeune festival basque, dont la seconde édition se déroulait le week-end dernier, est décidément très prometteur.
Baleapop # 2
Festival Musiques actuelles & art contemporain
Ciboure-Guéthary 11-14 Août
Monté par le collectif Moi Moi, le jeune festival Baleapop a eu la bonne idée de s’installer au pays basque, cette région de France étant étrangement assez pauvre en événements musicaux et artistiques durant l’été, hormis l’hénaurme “Big”. Baleapop a remédié à la chose à sa façon, baladant son public durant quatre jours entre le parc et le musée de Guéthary, le fronton de Ciboure et une auberge à flanc de falaise pour la soirée de clôture du dimanche soir. Très liées à la culture du pays, les hostilités démarrent sur un fronton de pelote basque à Socoa où un duo de jeunes producteurs, associés à un VJ nommé Lloba, revisitent des chants traditionnels tout en créant une musique électronique originale, les visuels retraçant la vie locale sur le littoral basque au début du siècle.
On enchaîne dans un bar convivial, le Xaia, (pierres apparentes, accueil chaleureux et tapas excellentes) tout en écoutant les sélections vintage et pointues de l’œil de l’Aigle. Le lendemain, on arrive en fin de journée sur la charmante côte de Guéthary, haut lieu de villégiature où se pressent les mordus de la vague. Le parc est entièrement décoré et installé par les artistes invités, ce qui lui donne un style inédit et fantasque (Ray-Ban géantes, sculptures), c’est d’ailleurs une caractéristique de ce festival que de toujours faire attention aux détails et à l’esthétique. La bonne surprise de la soirée viendra du groupe invité en deuxième partie, les Wolfpack Beartrack, pour un live post new-wave de bonne facture, soutenu par de vraies compositions, ce qui est toujours preuve de qualité dans le vide actuel de la majeure partie des productions. Le live visuel sur le thème du grand Nord est lui aussi à la hauteur. On enchaîne au charmant Bar de l’Héteroclito, haut lieu de la nuit guétharienne où Pawn Hearts joue une house moite et musclée.
Notre emploi du temps nous empêche d’aller enquêter sur les siestes électroniques programmées l’après-midi, nous revenons donc sur le site à la tombée du jour. Après un concert des nouveaux espoirs de la scène rock bordelaise Petit Fantôme, une sorte d’ersatz d’Animal Collective nommé Narwhal nous déprime autant que ces derniers à Primavera. L’expérimentation, OK, mais pas à n’importe quel prix (surtout celui des oreilles). Qu’importe, le public est bigarré et nombreux, des familles venues avec leurs enfants apprécient la performance très « post-kindergarten » de la japonaise Kumisolo accompagné de visuels au crayon de couleur de Shoboshobo… on décide cependant d’aller boire une bière quand elle entonne une reprise du Mr Tambourine Man de Dylan. Deuxième point positif, le live de Wagner, lui aussi dans une veine post new-wave, un seul défaut majeur, beaucoup de chansons se ressemblent. Mais l’ensemble tient la route via un gros son électro en back-up, et provoque une mini-émeute sur le site.
Le dimanche, nous arrivons (pas en surf tout de même) pour la soirée Baleagua situé dans une auberge sur une corniche face à l’océan. Une petite mer d’écrans vidéos nous attend sur la pelouse, la soirée s’ouvrant par une performance de spectacle vivant accompagné d’un live ambient des plus prometteurs. La nuit tombant, on se dirige à l’intérieur de la salle où Eva Peel balance un édit de Can par Todd Terje au milieu de sélections deep techno; Les Magic Panda enchainent avec une électro tout en boucle, mais c’est le live d’Odei qui retient toute notre attention : deux producteurs aux machines et un batteur acoustique nous tiennent en haleine pendant quasiment 1h30. Luke Abbott enchaîne sur un live trippé tout en apesanteur et en crescendo. La soirée bat déjà son plein quand STP reprend les platines vers 4h du matin, tout y passe : vieux édits de Moroder, synth pop et même dark wave espagnole ! on en pleine « fiesta » et le public comme les DJs se lâchent, la clôture est déjà mémorable.
En conclusion, Baleapop commence à dessiner les contours d’un événement jeune mais pluridsciplinaire, poétique tout en restant crédible, reste à étoffer et bien soigner la programmation, nous on y retournera l’année prochaine pour vérifier sur place !
Meilleur moment : Le set impromptu à six mains en pleine montée dark disco Ibérique à 4h du matin lors de la soirée de clôture.
Pire moment : Des groupes parfois un peu pénibles en début de soirée.
C’EST ICI!

